Les ghettos de Gaza.

Image
Image
Textes invités
Les ghettos de Gaza.
Israel est entré dans la phase active de « Gaza Plage » qui consiste à assumer – non, à revendiquer – un crime contre l’humanité. Un crime qui se décline en une quantité de crimes mais qui consiste à expulser une population entière, deux millions d’habitants, d’un territoire qu’elle a occupé depuis des décennies et des décennies. Il s’agit d’abord, aujourd’hui, de réduire la superficie habitable de la bande de Gaza de 30%, sachant (je l’ai écrit il y a déjà plus d’un an, que, tout entière, elle ne fait pas celle d’un ou de deux cantons français). Dans ces territoires encore réduits, rappelons-le, le parc immobilier est détruit à près de 80%, et pas seulement le parc immobilier, mais aussi les infrastructures civiles et les systèmes d’adduction d’eau et d’électricité, c’est-à-dire que les gens ne peuvent vivre que d’une aide extérieure, et que cette aide est impossible aujourd’hui à cause d’un blocus total. Pour l’instant, l’expulsion totale n’est pas possible, à cause du refus obstiné de la Jordanie et de l’Egypte d’accueillir deux millions de réfugiés chez eux – connaissant, de plus, la situation sociale de ces deux pays. Mais il existe un plan d’expulsion de la population par petits groupes (quelques milliers de personnes à la fois) dans tous les pays musulmans à travers le monde (un plan qui, j’en ai parlé, faisait l’admiration, en particulier, de Benny Ganz (travailliste), d’envoyer les gens refaire leur vie, par exemple, en Indonésie. – En attendant que ça se réalise, Israel a créé des « zones » entre lesquelles existent des no-man’s-land, absolument plats, totalement contrôlés par l’armée israélienne, et que les gens n’ont pas le droit de traverser, sans quoi ils se font tirer dessus. – Ces « zones », il faut les appeler par leur nom : ce sont des ghettos.
Ajoutez à cela les bombardements et les assassinats, – sachant que ces assassinats et ces bombardements ne sont jamais aveugles, parce que l’armée israélienne est l’armée, sans doute, la plus technologique du monde, et que les services compétents voient absolument tout ce qui se passe. Ils tuent les humanitaires, et ce n’est pas seulement qu’ils les bombardent, délibérément, mais ils les exécutent – comme ces gens qu’on a retrouvés menottés avec une balle dans la tête, – et Israel vient de se justifier en disant qu’ils visaient des membres du Hamas (il n’y avait, en l’occurrence, aucun membre actif, ou combattant, du Hamas parmi eux). Ils assassinent les témoins, les journalistes, les cinéastes, et ils ne les assassinent pas individuellement, mais avec toute leur famille, vieillards et bébés compris. Pire encore : j’ai l’impression que, pour la plupart des gens assassinés, ce qui explique leur mort est justement qu’ils n’étaient pas membres du Hamas. Je veux dire que les assassinats ciblés d’Israel frappent aujourd’hui ceux qui, d’une façon ou d’une autre, soit essaient de vivre en dehors du Hamas et qui décrivent simplement ce qu’ils voient, soit sont des adversaires du Hamas, – parce que le Hamas reste ce qu’il est : une organisation fasciste, terroriste, contre Israel mais aussi, et bien davantage, contre son propre peuple, et qu’il fait régner la terreur depuis qu’il a été mis au pouvoir (avec la complicité active, je le rappelle et j’insiste, d’Israel). En fait, les seuls qui sortent renforcés de ce qui se passe, ce sont les membres du Hamas (bien sûr, Israel en tue aussi, mais le Hamas a cette particularité qu’il est islamiste, et que donc, réellement, leurs membres peuvent vouloir chercher la mort en martyr à cause des soizante-douze vierges – ce n’est pas une question d’individus, on comprend bien. Structurellement, politiquement, le Hamas est le grand vainqueur de cette guerre (et c’était prévu depuis novembre 23).
Bref, voilà. Nous sommes témoins d’une autre inversion ontologique : le pays qui n’existe que par la mémoire du Génocide applique à Gaza (et, dans une moindre mesure, en Cisjordanie, – mais ce sera l’étape suivante) la politique appliquée par les nazis. – J’écris cela en pesant, autant que je le peux, ce que j’écris. Il y a là quelque chose de radicalement insupportable, mais aussi d’indiscutable. – Est-ce que cela ramènera les otages ? Bien sûr que non. Est-ce que Netanyahou se soucie des otages ? Poser la question est y répondre. Je n’arrive pas à croire que les services israéliens, qui savent quand quelqu’un, avec un générateur ou juste un téléphone portable, allume un ordinateur, puissent ne pas savoir où ils sont. Mais quoi...
La question que je me pose est la suivante. Aujourd’hui, à la Knesset, Netanyahou a la majorité. C’est-à-dire, très simplement, que la majorité de la Knesset est composée de criminels contre l’humanité. Non pas de complices, ou de témoins indifférents. Non. De criminels actifs. Et c’est donc l’ensemble de cette majorité qui devrait être inculpée devant les tribunaux internationaux, chaque député individuellement, parce que la politique qu’ils approuvent et promeuvent tous ensemble est ce qu’elle est (y compris les travaillistes qui ont trouvée « très intéressante », l’idée de l’Indonésie, laquelle est un décalque – avec compensation pécuniaire en plus (mais de combien ?) du projet Madagascar d’Eichmann). – Mais tout laisse à penser qu’il n’y aura pas d’élections avant la date prévue (l’automne 26, si je ne me trompe). Qui, dans la population israélienne, parmi les gens qui votent, approuve ce qui se passe ? Force est de l’admettre : c’est la majorité. il y a des protestations, bien sûr, et beaucoup... et... néanmoins... c’est la majorité qui approuve ce qui se passe.
Comment les Israéliens ont-ils pu à ce point oublier qu’ils ont été des Juifs ?
Peut être une image de carte et texte
 
 
 
Toutes les réactions :

767