André .Markowicz pense que le fascisme est en train de s'installer aux Erats-Unis(Cla)
Puisque nous ne pourrons pas y échapper. (11/02/2025
Les choses se dégradent si vite qu’on n’arrive pas à suivre, – je le disais dans ma dernière chronique. Ce n’est pas que nous assistons à l’instauration d’une dictature fasciste aux USA, c’est qu’elle est instaurée, – elle s’est instaurée en l’espace de deux semaines, et même si des juges fédéraux annulent tel ou tel décret lancé, on pourrait croire, en dépit du bon sens, le résultat ne fait quand même pas le moindre doute, parce que la Cour suprême des USA a été modelée par Trump, lors de son précédent mandat, et que, donc, il est hautement probable que, d’instance en instance, d’appel en appel, les décrets finiront quand même par être appliqués. Et puis, ce qui frappe aussi, c’est le nombre de fonctionnaires qui, tout de suite, collaborent avec ces décrets, – qui confisquent, par exemple, les papiers d’une personne trans, au prétexte qu’elle n’est pas une femme, puisqu’elle a été un homme, et la personne se retrouve sans papiers, – visiblement, ce genre de cas se multiplient. Sans parler, évidemment, de la mainmise par Musk en personne sur le budget des USA, sur l’arrêt (disons, le gel) de tous les programmes d’aide humanitaire à travers le monde, mais, surtout, la violation, réelle ou potentielle (mais donc réelle) de toutes les transactions financières de l’État vis à vie des individus, – j’écris ça dans le désordre, et l’effacement, concret, réel, dans tous les textes officiels, d’un certain nombre de mots comme, par exemple, « réchauffement climatique ». – Ce qui se met en place est une dictature, à la fois informatique et policière, et religieuse (puisque, maintenant,« on n’est pas avec Dieu si on n’est pas avec Trump »). Et, ce qui laisse tétanisé, ce sont deux sensations simultanées : d’abord, de voir qu’un pays qui avait des institutions démocratiques, un pays dans lequel, théoriquement, les pouvoirs sont séparés, bascule – et bascule si facilement – dans une dictature véritable, violente, agressive, globale, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de sphère de la vie qui ne soit pas concernée par cette dictature ; et puis, ensuite, de comprendre que c’est exactement ce qui s’était passé en Allemagne en 1933, c’est-à-dire de comprendre, concrètement, là, sous nos yeux, à quel point, oui, de telles choses peuvent arriver. Et d’en comprendre les conséquences.
Les conséquences, elles sont très claires. Nous allons, d’une façon ou d’une autre, vers de nouvelles guerres – pas seulement vers l’approfondissement et le durcissement des guerres actuelles. Parce qu’il est clair comme le jour que cette histoire de « Gaza Plage », elle se fera, – et le peuple de Gaza, pris qu’il est entre les monstres du Hamas et les monstres du gouvernement actuel d’Israel, qu’est-ce qu’il pourra bien faire ? Trump le dit tranquillement : non, on les fera partir, sans droit de retour, mais, de toute façon, ils ne voudront pas rentrer, puisqu’ils ne rentreraient que dans des ruines, alors que, pour pas très chers, on leur construira des lieux de vie ailleurs (il ne dit jamais où) – mais pourquoi pas, de fait, selon l’idée de Léonid Nevzline, en Malaisie ou en Indonésie, finalement – l’Indonésie a besoin de main d’œuvre pas cher pour son développement...
Ce qui m’accable autant, c’est le silence du monde après les sanctions prises contre le Tribunal international. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de défendre Nétanyahou, mais aussi Poutine. Il ne s’agit pas seulement du fait que les USA n’ont jamais accepté l’idée même de justice internationale, mais que, désormais, c’est toute idée de communauté internationale qui est, d’un trait de plume, mise en suspens. Et... est-ce que j’ai entendu une seule voix qui protestait, ou qui proposait quelque chose pour contrer ces sanctions ?...
Nous entendons les dirigeants européens (pas tous) dire qu’il faudrait que nous fassions quelque chose, parce que, n’est-ce pas, nous devons nous préparer à une guerre économique, – alors que non seulement la guerre économique est déjà là (et depuis, finalement, bien plus longtemps que l’existence de Trump, parce que, pour dire les choses, ce sont les USA qui se comportent en prédateurs, – que toutes les accusations de Trump sont vraies si on comprend qu’elles sont inversées) mais que c’est la guerre réelle qui risque d’arriver partout, – pour peu que l’horreur du Proche-Orient s’approfondisse (ce qu’elle ne peut que faire) et que l’Ukraine soit soumise à une paix forcée, qui laisse Poutine libre, pendant quelques courtes années, de se réarmer, d'accroître encore le contrôle de sa propre population, d'instaurer réellement une terreur de masse, et de repartir à l’assaut de Kiev, puis des pays voisins.
Ce qui est sidérant est de voir à quelle vitesse les USA s’affaiblissent, sur le plan intérieur et sur le plan international, et s’affaiblissent uniquement à cause de la politique de Trump, et à quel point le seul vainqueur de la tempête aujourd’hui déclenchée est bien Poutine (et, derrière lui, évidemment, Xi jinping).
Je hais les mois de février.
Je me souviens comment je voyais monter le bruit des bottes en Russie pendant toute l’année 21 (et bien avant !), et comment, le 24 février 2022, à travers les brouillards du Covid qui m’accablaient à ce momen-là, je n’arrivais pas à croire que Poutine avait déclenché la catastrophe. Comme je n’arrive pas à croire, là, en ce moment, qu’une catastrophe encore plus forte est en train de se dérouler sous nos yeux, celle de voir un pays immense comme les USA, sombrer, corps et biens, en si peu de temps (on dirait le Titanic) – et ce naufrage envoie un tsunami planétaire, et la seule chose que nous puissions faire, c’est de la regarder venir.
La question n’est pas d’y survivre, mais de comprendre à quel point ce que nous pensons évident de notre vie quotidienne est fragile, peut disparaître d’un coup, et d’essayer de comprendre comment y résister, dès lors qu’y échapper est impossible.
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