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La diplomatie ou le néant
par Catherine Tricot REGARDS 21/11/2025
La petite musique militaire commence à faire grand bruit. Partout, les États relancent la course à l’armement. Et voilà maintenant qu’on nous demande d’être prêts à « perdre nos enfants ».
Invité au congrès des maires, le chef d’état-major des armées – le CEMA, le plus haut gradé français –, Fabien Mandon a donc demandé aux élus locaux de préparer les citoyens à un possible affrontement avec la Russie ou la Chine dans les prochaines années. Le général a notamment déclaré qu’il fallait dorénavant « accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement ».
Que le CEMA informe le président de la République, les ministres et les députés de ce qu’il perçoit comme de possibles dangers, de nécessaires mesures à prendre… c’est sa fonction. Mais, ce mercredi, il est évidemment sorti de ce rôle. Contre la tradition républicaine qui veut que les questions de guerre et de défense soient pilotées par les politiques, il a pris l’initiative d’énoncer un changement de cap : désormais, il faudrait nous préparer à la guerre.
Fabien Mandon était, jusqu’à cet été, le conseiller personnel d’Emmanuel Macron. Il ne fait aucun doute que cette sortie tonitruante a été pesée et prise de concert avec lui. Qu’un gradé se substitue au politique est un précédent inacceptable. Le président doit s’adresser au pays et aux élus si, désormais, il propose cette nouvelle orientation. Et il doit accepter d’en débattre et susciter un vote de l’Assemblée.
Il y a un point exact dans ce que dit Fabien Mandon : la guerre « zéro mort » n’existe pas. Il pose les mots justes : morts et destructions. Et alors le débat doit commencer.
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