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par Catherine Tricot. REGARDS 15/10/2026 A l’occasion du débat budgétaire, la présentation de Jean-Luc Mélenchon et d’Éric Coquerel a le mérite de l’ambition et de la hauteur de vue. De quoi alimenter les débats en vue de la présidentielle.Mercredi 14 octobre, Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel ont tenu une conférence de presse pour présenter plus qu’un contre-budget : un projet de loi rectificatif qui aurait vocation à s’appliquer si les insoumis gagnent la présidentielle et les législatives dans la foulée. Rompant avec la logique de la rapine du gouvernement contre tout un chacun, le projet ne néglige plus la question de la dette – triplée depuis Nicolas Sarkozy. Il annonce vouloir réduire cette dette tout en conduisant des politiques « de rupture » par exemple en faveur de l’écologie. « La remise en ordre des comptes publics » devient un objectif en même temps que la mobilisation de centaines de milliards pour de nouveaux projets. Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur plusieurs piliers : réduction des aides aux entreprises, relance par la consommation intérieure, mobilisation de l’épargne nationale, nouvelle politique des banques centrales dont la BCE. Taxe Zucman et fiscalisation des gros héritages – « au-dessus de 12 millions, ils prendront tout », prévient Éric Coquerel – viennent en complément. D’emblée, le candidat ancre son projet dans la culture altermondialiste contestant le néolibéralisme. Le constat est sans appel : cette politique a « augmenté les dettes, saccagé les services publics, appauvri les populations, clivé entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien ». L’insoumis insiste : cette situation désastreuse est le fruit d’une « stratégie délibérée » : « Partout dans le monde, le néolibéralisme a recommandé d’effondrer les budgets publics pour justifier les coupes et le surgissement du marché [...] C’est un désastre. » En France, « l’appauvrissement méthodique de l’État a été organisé par le macronisme à la suite des deux précédents présidents, Sarkozy et Hollande ». Premier axe des propositions du candidat : supprimer les aides indues aux entreprises et les faire contribuer à l’impôt national. Citant le rapport des sénateurs sur les aides aux entreprises (évaluées à 210 milliards) ainsi que les récentes déclarations de Bercy reconnaissant 166 milliards d’aides – soit 10 milliards de plus que le déficit du budget de l’État –, il conclut : « Les aides sont le déficit ». Et il affirme : « Nous sommes la formule de relève » pour la France. Jean-Luc Mélenchon appelle ces aides par leurs noms : faveurs et niches fiscales. Il rappelle que sous Chirac encore, l’impôt sur les sociétés était de 50% et qu’il frappait davantage les dividendes que les investissements. Cet impôt a été rabaissé à 25%, contribuant à creuser le gouffre. Jean-Luc Mélenchon accorde de longs développements à l’importance de la dette. Il s’élève contre les menaces de mise sous tutelle du pays et prévient « ceux qui voudraient précipiter la France à terre auraient à en payer les conséquences ». Cassandre, il insiste : « Il n’existe pas de malaise français sans malaise européen ». Pour réduire la dette, il avance deux axes : geler la dette française à la BCE et « réorienter l’épargne de notre pays » détenue sur les livrets d’assurance-vie ou par la Caisse des dépôts et consignations. Cette réorientation apportera des moyens pour l’investissement. 25 milliards seront fléchés vers l’allègement, modeste, de la dette de l’État. Prenant appui sur l’exemple espagnol de croissance écologique et sociale qui conduit à la croissance et à la baisse de la dette, il annonce une série de politiques sociales dont la création d’un revenu jeunes et l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires. Jean-Luc Mélenchon a livré un discours non simplement économique mais politique. Il s’appuie sur une vision keynésienne : se servir de la puissance de l’État pour relancer la machine au travers de politiques sociales et écologiques. Il se réfère aux politiques conduites par les socialistes Jospin et Sánchez. À l'appui de son propos, Jean-Luc Mélenchon bénéficie de l’évidence du désastre de la politique de l’offre à laquelle s’était converti le président Hollande. Ce socle lui permet de crédibiliser « le cercle vertueux de la relance écologique et sociale » opposé « au cercle morbide des budgets macronistes ». Il se trouvera bien des raisons de discuter telle ou telle proposition. Ces débats doivent avoir lieu. Néanmoins, cette intervention sort d’une approche par petite touche et dégage une proposition économique globale en appui du projet insoumis. Aux autres de faire mieux. Catherine Tricot |
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